La Chaudronnerie un métier sous tension

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Le métier de chaudronnier a de bonnes années devant lui.

Par Rédaction La Presse de la ManchePublié le 

 

Soudeurs, chaudronniers, tuyauteurs : dans ces métiers industriels en tension, les besoins de recrutement ne faiblissent pas, notamment pour la filière nucléaire. (©UIMM / Michael LEVIVIER)

 

 

Ce vendredi 25 novembre, le groupe Efinor a investi les nouveaux bâtiments du pôle formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de la Manche, avenue du Général-Koenig à Cherbourg, pour faire découvrir ses métiers et savoir-faire.

Cette initiative intervient dans le cadre de la Semaine de l’industrie, en partenariat avec l’UIMM, Pôle Emploi et Hefaïs, l’institut de soudage qui vient d’ouvrir à Beaumont-Hague. Au programme : des démonstrations et la possibilité de s’essayer au soudage sur un simulateur, un atelier autour de la méthode de recrutement par simulation…

« Notre volonté commune est de pouvoir faire découvrir au plus grand nombre la richesse des métiers qui font l’industrie : soudeurs, chaudronniers, mais aussi chargés d’affaires ou responsable de production », explique l’entreprise, qui s’est recentrée sur le secteur naval, tout en produisant des pièces de grande taille, des cuves en inox en particulier, pour le nucléaire. Un secteur toujours très porteur.

Manche : 600 emplois à pourvoir

L’an prochain, les entreprises de la métallurgie devraient recruter entre 500 et 600 personnes dans la Manche, dont les trois quarts dans le Nord-Cotentin.

Jean-Michel Gibon Secrétaire général de l’UIMM

Le contexte économique, entre inflation et crise de l’énergie, interpelle certes les chefs d’entreprise, mais les perspectives d’activité restent à un bon niveau. C’est en particulier le cas dans le nucléaire. Le débat est lancé sur la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR 2, dont les deux premiers seraient construits à Penly, en Seine-Maritime.

« Une journée du nucléaire a été organisée à Dieppe en octobre 2022, et les entreprises manchoises qui ont travaillé sur Flamanville étaient bien présentes », observe Jean-Michel Gibon.

Sur le plan national, la filière estime ses besoins à 13 000 recrutements par an pendant dix ans, autant pour assurer la maintenance du parc actuel que la relance du programme nucléaire. Des recrutements massifs qui doivent aussi permettre de maintenir ou retrouver certaines compétences perdues.

Et cela passe par la mise en place des formations nécessaires, sachant que certains métiers sont déjà en forte tension. « Ces métiers-là, on les connaît. Ce sont les soudeurs, les chaudronniers, les tuyauteurs, des métiers très opérationnels, constate Hélène Badia, présidente de l’association Université des métiers du nucléaire. Mais nous avons aussi d’énormes besoins dans les métiers d’ingénieurs de génie civil, de conception, dans le domaine de la mécanique et des chefs de projets. »

En fait, un salarié sur deux qui travaillera pour le nucléaire en 2030 n’est pas encore dans la filière. « Il n’y a pas d’autre grande filière industrielle qui ait autant d’augmentations de charges dans les années qui viennent », explique-t-on chez EDF.